En 2013, je photographiais des mariages au Québec, l’hiver dans le froid, l’été dans l’humidité, pis je me souviens d’une journée de novembre où j’ai attendu vingt minutes dehors pour une lumière qui finalement a jamais percé les nuages. Aujourd’hui, à Playa del Carmen, j’ai cette lumière-là presque tous les jours. Fait que non, c’est pas juste une histoire de météo, mais ça a été le premier déclic.
Le vrai déclic, dans le fond, c’est que je me suis tannée de photographier des évènements pis j’ai voulu photographier des gens dans leur pouvoir. Pas dans leur plus belle robe une fois dans leur vie, mais dans leur business, au quotidien, avec ce qu’ils font vraiment.
Le move qui a tout changé
J’ai déménagé au Mexique en gardant ma clientèle québécoise en tête, pas en l’abandonnant. C’était pas un move pour fuir, c’était un move pour construire autre chose : une offre de séances photo pour entrepreneures qui voyagent, qui viennent exprès, ou qui vivent déjà ici comme nomades numériques.
Ça a pris du temps à trouver le bon angle. Les premières années, j’offrais un peu de tout, du mariage, de la famille, du corporatif, pis je me suis rendu compte que c’était le personal branding pour entrepreneures qui m’allumait le plus. Mettons que photographier quelqu’un qui vient de lancer sa business, qui a peur de la caméra, pis qui repart avec des photos qui la font se sentir légitime, c’est ça qui me garde motivée après dix ans.
Ce que ça demande, travailler à l’étranger avec une clientèle qui vient d’ailleurs
C’est pas juste prendre l’avion pis ouvrir un studio. Ça demande de comprendre deux mondes en même temps : la réalité d’une entrepreneure québécoise qui planifie un voyage autour de sa séance, pis la réalité d’une nomade numérique qui vit déjà ici pis qui cherche une photographe locale plutôt qu’un souvenir de vacances.
Pis il y a le bilinguisme. La moitié de mes clientes sont anglophones, digital nomads américaines ou canadiennes, l’autre moitié sont des Québécoises. Je navigue entre les deux dans la même journée, des fois dans la même conversation.
Pourquoi je reste ici
Parce que la communauté d’entrepreneurs à Playa del Carmen, c’est pas comme ailleurs. Les gens qui viennent ici ont déjà fait le move risqué de partir, fait que quand j’arrive avec mon appareil pis que je leur dis « montre-moi ta business, pas juste ton sourire », ils comprennent tout de suite ce que je veux dire. Il y a moins de gêne, plus d’ouverture.
Pis honnêtement, ça me garde connectée à qui je suis vraiment, une photographe qui a choisi son chemin plutôt qu’une qui suit le sentier attendu.
Ce que ça change pour toi
Si tu hésites à réserver parce que tu penses que je suis juste une photographe de vacances de plus à Playa del Carmen, c’est pas ça. Dix ans à photographier des entrepreneures, ici pis avant au Québec, ça donne un oeil qui va chercher autre chose qu’un beau sourire devant la mer.
Par Marrie-Eve
